samedi 3 mars 2018

La forme de l'eau, de Guillermo Del Toro


Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda (Octavia Spencer) découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Dès la première immersion dans l'univers de "La Forme de l'eau" nous sommes frappés par les tons, les couleurs et les ambiances sonores qui ne sont pas sans rappeller les films des Français Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro. 
Débutant par une plongée onirique auprès de l'héroïne, Elisa, le film installe par la suite un récit plus sombre et plus terre à terre ancré dans la paranoïa et le modèle de vie des années 60 : racisme, peur du communisme, espionnage, homophobie et machisme émaillent le vernis propret des Happy Days.

Une simple femme de ménage muette (brillament interprêtée par une Sally Hawkins douce et expressive), employée par un laboratoire, va tomber amoureuse d'une créature aquatique (Doug Jones qui avait déjà mit son talent pour incarner Abe Sapiens dans Hellboy et L'homme pâle ainsi que le faune du Labyrinthe de Pan), sujet d'expérience d'un salaud ambitieux et dénué de tout sentiment (Michael Shannon). Dès lors Guillermo Del Toro revient à son sujet de prédilection et nous questionne : qui sont véritablement les monstres ?

Le Mexicain signe là une fable à l'esthétique rétro insdiscutable, un conte cruel et candide, plus proche de l'hommage à l'univers de Jeunet que du plagiat longuement évoqué lors de la sortie de "La Forme de L'Eau".

C'est un récit plaisant et poétique qui assemble les envies du réalisateur et des influences incontestables : "Let me hear your whisper" du dramaturge Paul Zindel, la créature Abe Sapiens de Mike Mignola, "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" et "Delicatessen", sans oublier, comme l'assume Guillermo Del Toro, l'univers de Terry Gilliam.

Hors des polémiques accompagnant "La Forme de l'Eau", le film n'en demeure pas moins un chef-d'oeuvre à la sensibilité assumée, qui immerge son public. Ce dernier retient son souffle et peine à rejoindre la surface quand les lumières se rallument ! Une plongée en apnée auprès d'une Belle et de sa Bête que l'on n'est pas prêt d'oublier.

Lord Kavern et Lady Fae

1 commentaire:

  1. Ce qui me surprendra toujours est la manière dont les Médias sont prompts à relayer les pleurnicheries répétées de Jean Pierre Jeunet et font ostensiblement silence sur les deux courts métrages en lien ci-dessous, pillés par ce même JP Jeunet !
    Les films :
    https://www.youtube.com/watch?v=uFhSa7ltLe0
    pour tout ce qui est autour du photomaton, du personnage principal et de l'esthétique.
    https://www.facebook.com/sebastien.nuzzo/videos/91976629770/
    Pour le nain de jardin et le concept : "réparer les petits malheurs de la vie".

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